Londres (AWP/AFX) - Les cours du pétrole étaient en hausse lundi et celui du
"light sweet crude" frôlait à nouveau les 99 dollars à New York, soutenu par
l'intervention turque dans le nord de l'Irak, une nouvelle menace venant
s'ajouter aux inquiétudes sur l'offre.
Vers 17H30 GMT, à Londres (18H30 HCE), le baril de Brent de la mer du Nord
pour livraison en avril s'échangeait à 97,39 dollars, en hausse de 38 cents.
A la même heure, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de
"light sweet crude" pour livraison en avril valait 98,85 dollars, en hausse de 4
cents.
"Il semble que pour le moment les préoccupations géopolitiques dominent,
tirant les prix à la hausse alors que les acteurs du marché restent inquiets
quant aux possibilités de perturbation dans l'offre en provenance du
Proche-Orient", ont observé les analystes de la maison de courtage Sucden.
La Turquie a lancé jeudi une vaste offensive à partir du territoire turc,
contre les positions des rebelles kurdes retranchés dans le nord de l'Irak.
Mais les autorités irakiennes se sont voulues rassurantes: les exportations
de brut irakien à travers la Turquie, qui représentent 300.000 barils par jour,
ne seront pas affectées, ont-elles affirmé.
L'oléoduc qui rejoint le port de Ceyhan traverse le Kurdistan irakien, où
l'armée turque a lancé une opération jeudi contre des rebelles du Parti des
Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Par ailleurs, le ministre iranien du Pétrole Gholamhossein Nozari a affirmé
que l'Iran était favorable à une baisse de la production de l'Organisation des
pays exportateurs de pétrole (Opep), a rapporté samedi l'agence d'information
pétrolière Shana.
Le marché international du pétrole a intégré une possible baisse de la
production de l'Opep, a déclaré de son côté le ministre algérien de l'Energie et
actuel président de l'Opep, Chakib Khélil.
"Avec des prix à 101 dollars le baril, les spéculateurs ont déjà anticipé une
possible réduction de la production Opep", a-t-il affirmé, ajoutant: "soit on
maintient, soit on diminue pour rétablir l'équilibre et la stabilité du
marché".
Ces déclarations ont été renforcées par le pronostic du rapport mensuel du
Centre for Global Energy Studies (CGES) qui note que l'Opep, tentée de réduire
son offre, pourrait maintenir ses quotas inchangés lors de sa réunion début
mars, et laisser à l'Arabie saoudite le soin de réduire son niveau réel de
production en cas d'affaiblissement éventuel de la demande.
"Comme par le passé, l'Arabie saoudite jouera un rôle clé dans la prochaine
réunion", prédit l'institut, en ajoutant que le "Royaume continuera à agir
discrètement (en diminuant son niveau de production réel, indépendamment du
niveau officiel fixé par l'Opep, ndlr) pour limiter la reconstitution des stocks
et soutenir les prix du pétrole nettement au-dessus du niveau qu'il juge
nécessaire".
Les ministres du Pétrole de l'Opep, organisation qui assure 40% de l'offre
mondiale de brut, réexamineront les quotas officiels de production lors de leur
prochaine réunion le 5 mars à Vienne.
Ces facteurs viennent s'ajouter aux violences au Nigeria et à la querelle en
cours entre le Venezuela et le géant pétrolier américain ExxonMobil, inquiétudes
qui avaient emmené les prix à de nouveaux sommets: ils avaient touché mercredi
dernier 99,22 dollars à Londres et 101,32 dollars à New York.
La crainte d'une récession américaine, régulièrement nourrie par des
indicateurs négatifs sur la première économie mondiale, pourrait cependant faire
redescendre les cours, comme en janvier où ils avaient perdu jusqu'à 14%,
soulignent de nombreux analystes.
afx/ds
(AWP/25 février 2008 19h04)